Le dressage, l’affaire des centres équestres ?

Pédagogie
Cet article a été publié le : 07 août 2010 à 16h16

Les centres équestres, le creuset où s’éveillent les vocations de champions, mettent, aujourd’hui, un accent particulier sur la pédagogie. L’évolution est notoire. Ils n’ont jamais accueilli autant de monde en leur sein. Le cheval symbolise tellement le retour à la nature, aux vraies valeurs. 

Mais l’enseignement du dressage n’en reste-il pas moins le parent pauvre de la culture équestre initiée ? L’explication, aussi et peut-être, du retard que connaît notre pays dans la spécialité ? L’occasion d’accorder certaines circonstances atténuantes à nos cavaliers de haut nvieau.

Avons-nous la culture du dressage en France ? N’exagérons rien ! Mais, il semble qu’il y ait pénurie de maîtres (exilés à l’étranger ou dont on méconnaît par trop les qualités). Des maîtres qui savent ce qu’est enseigner cette discipline à la base de toute équitation sportive. Un art qui demande de la part de ses adeptes goût de l’effort et de la connaissance.

On ne l’inscrit pas assez au fronton des établissements professionnels : « Ici on enseigne le dressage dont l’école française est réputée dans le monde entier ». « Sans être de grands spécialistes, les enseignants, capables de susciter l’intérêt des équitants, les conseillent, nous font défaut « , confiait, il n’y a pas si longtemps, Alain Francqueville. L’entraîneur national de la discipline qui poursuivait : « Il n’y a pas un seul établissement spécialisé en dressage par département. Dans certaines régions, c’est le vide total. C’est notre faiblesse. Sans une base solide, le sommet de la pyramide restera ainsi fragilisé. Et les disciplines annexes qui en découlent.  » Comme le concours complet.

Autre interrogation, le dressage traînerait-il comme un boulet, cette image de sport peu émotionnel, sans suspense ? Sur les terrains de concours, en complet notamment, les cavaliers ne déroulent-ils pas leur reprise face à des tribunes clairsemées ?

De la vulgarisation pure et simple ?

L’argument tient moyennement. Mêlez-vous aux 50 000 spectateurs d’Aix-La-Chapelle. Vous verrez qu’ils respirent plus fort quand un cavalier commet des fautes. « On a su les éduquer pour apprécier le spectacle, comme à l’Opéra où l’on vous remet un livret pour mieux appréhender les dialogues. Nous pêchons dans cette vulgarisation, on doit aussi intéresser les médias. Enfin nos épreuves devraient être commentées, en off. », en convenait toujours Alain Francqueville.

Actuellement, le public est en dessous du minimum nécessaire de connaissances. Et pourtant, il adore la discipline. » Les billets des représentations du Cadre Noir s’arrachent comme des petits pains. C’est un vrai spectacle, un bonheur pour les yeux. Mais, quand il s’agit de sport, on passe pour des moines réfugiés dans leurs cloîtres. Nous devons nous ouvrir sur l’extérieur, initier des concours toutes disciplines confondues. », poursuivait Alain Francqueville.

A méditer ! Non ?

Guy FICHET.