Un grand maître s’est éteint

Sport
Cet article a été publié le : 13 septembre 2013 à 8h29
Un grand maître s’est éteint


Le Docteur Pierre Pradier, un grand homme de cheval, nous a quitté mardi dernier. Cavalier et vétérinaire, il se définissait lui-même comme un « mécanicien passionné par la locomotion du cheval ». Vétérinaire fédéral pour les trois disciplines de 1967 à 1973, il a formé des dizaines de cavaliers et d’entraîneurs de Haut niveau. Rodolphe Scherer, qui travaillait régulièrement avec lui, nous a appelé pour nous exprimer sa tristesse : « C’était un personnage incontournable et extraordinaire ! Il n’a jamais cherché la médiatisation, c’était un homme de l’ombre, mais derrière tous les grands d’aujourd’hui, il y a une touche du Dr Pradier… Il a

fait travailler Bardinet, Touzaint, Le Goupil, Michel Henriquet, Michel Robert… Ce n’était pas un compétiteur mais il était très fort sur le fonctionnement des chevaux, qu’il adorait. Si les enterrements étaient ouverts aux chevaux, nul doute qu’il y aurait plus de chevaux que d’humain mardi prochain à Fontainebleau ! Il avait une culture équestre hors du commun. Il a d’ailleurs écrit trois livres qui devraient être obligatoires pour tous les cavaliers (« Mécanique équestre et équitation » aux éditions Maloine, « Mécanique équestre et obstacle » éd. Maloine, « L’école des centaures » éd. du Rocher). C’était un homme très impressionnant, l’un des derniers grands maîtres du XXème siècle. Il souffrait d’un cancer, mais il y a encore un mois et demi, à 80 ans, il était dans mon manège à me faire travailler ! »
Son credo était le suivant : “L’équitation n’est pas seulement une technique, n’est pas un simple savoir-faire. L’équitation est mieux et plus qu’un art : c’est une éthique, une façon de se comporter, une manière de vivre.”
Le monde du cheval est en deuil…
HF, Photo Sophie Feryn